Devenir dominicains

Au bout d'un an de noviciat, le novice prononce des vœux « simples », pour quelques années (3 ou 4) avant la profession « solennelle » c'est-à-dire perpétuelle. Ces années d'engagement sont vécues comme définitives et cependant ne le sont pas : ultime prudence de l'Église face à un engagement difficile. La profession solennelle, prononcée comme on l'a dit « jusqu'à la mort » marque le don total de soi-même à Dieu, à l'Église et aussi à l'Ordre que l'on a choisi.

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La double ordination (diaconat puis presbytérat) marque le passage aux ministères ordonnés, au service de l'Église, particulièrement du point de vue de la prédication et de la dispensation des sacrements. Rien d'original en cela : le dominicain pose les mêmes actes que n'importe quel prêtre. En revanche, des questions spécifiques se posent, qui sont celles des premières années de ministère.

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La question de l'étude comme élément de la vie dominicaine a été abordée. Il s'agit ici de la formation intellectuelle nécessaire à la réception des ordres sacrés. Elle est commune aux séminaristes et aux jeunes religieux du monde entier. Elle concerne l'étude de la philosophie, de l'Écriture, des Pères, du dogme, de la morale, du droit, de l'histoire, etc.

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Le postulat est la période d'apprivoisement mutuel au cours de laquelle on apprend à faire connaissance. Chez nous, il est habituellement plutôt flexible et adapté à chaque personne, court ou plus long, avec des séjours au couvent de noviciat mais plus rarement sous la forme d'un temps prolongé en interne. Le postulat est, comme le sera plus encore le temps du noviciat et a fortiori les temps suivants de la formation, la rencontre et la mise à l'épreuve mutuelles des premiers pas de l'engagement et de la liberté de l'intéressé. C'est une loi anthropologique et morale de première importance : plus on s'avance vers l'engagement et plus on prend conscience de sa liberté. Plus on s'engage, plus on donne à sa liberté son accomplissement.

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La vocation est semblable à la « naissance d'un sentiment amoureux »1. Le sentiment amoureux dont il s’agit ne s’adresse pas au premier chef à une famille spirituelle, encore moins à l’un(e) de ses membres dont on aurait fait la connaissance, mais au Christ lui-même. On ne donne sa vie au Christ que si l’on se laisse envahir par lui, comme un amoureux se laisse envahir par la pensée de sa bien-aimée : présence mentale constante jusqu’à l’obsession, affection, désir de partager sa vie.

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La Province dominicaine de Toulouse dispose pour les frères d’un Centre d’études Institutionnelles réparti sur deux lieux :

Le frère prêcheur reçoit la grâce de cet amour divin, car il est lié toujours à l’amour de la Parole de Dieu, qui demande et donne à la fois la pureté du cœur. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu », dit le Seigneur (Mt 5, 8). Là est bien le désir du prédicateur : voir Dieu, et le donner à voir aux autres.

Voir Dieu et le faire voir, le montrer, s’il est possible, par une vie personnelle chaste et joyeuse, par une vie fraternelle unanime et tonique. Le fils de saint Dominique sait qu’il est comme condamné, s’il veut être fidèle à la Parole qu’il sert, à être brûlé par elle. Il y a des équivoques mortelles qui rendent vaines les paroles les plus belles. Il y a des compromissions qui annulent tous les efforts pour convaincre. Il y a des arrangements qui, tout simplement, ne conviennent pas. La chasteté du frère prêcheur, surtout dans le monde qui n’y croit pas et qui ne manque pas de souligner lourdement un éventuel manquement, n’est pas seulement faile pour son progrès personnel. Elle a aussi une valeur apostolique. Elle est un message lancé au monde et elle se passe de discours. Message d’amour, avant tout. Mais davantage message de foi et d’espérance. Car celui qui veut convaincre que le Dieu invisible qu’il annonce, est vrai et qu’il existe, ne trouvera pour convaincre qu’un seul argument : montrer qu’il y croit lui-même. Et quelle preuve de sa foi peut-il donner, si ce n’est de donner sa vie ?

Traduction Google