Il y a quelques années, un frère remarquait : « un point positif actuellement dans la province, c'est que les communautés prennent soin de leur couvent ».
La remarque peut se comprendre de plusieurs manières.
Négativement, les frères se replient sur leur couvent, sur la sécurité d'un bon chez soi, donc une certaine frilosité, comme on dit.
Mais, positivement, c'est voir son couvent comme lieu de vie religieuse et de prédication. Ce qui d'ailleurs n'exclut nullement un légitime attachement à un lieu où tant de choses se sont passées, de prières, de vie fraternelle, d'expériences apostoliques, etc.
Entretenir un bâtiment, l'améliorer, parfois même en changer, tout couvent connaît ce soucis. Actuellement encore, dans la province, les couvents travaillent à rendre toujours plus dominicain leur lieu de vie. C'est vrai en France métropolitaine, mais aussi à La Réunion et, tout récemment, en Haïti, où les frères ont eu la joie de s'installer enfin dans leur nouvelle maison.
À Toulouse, les frères réfléchissent sur la meilleure manière de faire de leur couvent, ici ou ailleurs, une vie communautaire toujours plus enracinée dans cette contemplation d'où jaillit la prédication. Même si souvent ce sont des contraintes matérielles qui provoquent les réflexions, les arguments spirituels sont, fort heureusement, en bonne place et finalement les premiers.
Prendre soin de son couvent, ce n'est donc pas développer un art de s'installer dans une vie trop « pépère », ce qui serait la mort de la vie consacrée et de la prédication comme suite du Christ.
Prendre soin de son couvent, c'est bien sûr faire preuve de responsabilité dans les choses matérielles ; c'est surtout viser ce difficile et nécessaire équilibre entre une vie fraternelle priante et chaleureuse et un sens aiguë de la mission, de notre prédication dominicaine.
fr. Gilbert Narcisse, OP
Prieur provincial

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