A.D. : Frère Gilbert Narcisse, vous avez été élu prieur provincial en 2006. Pouvez-vous résumer votre parcours comme dominicain ?

G.N. : Je suis dans l’Ordre depuis une quinzaine d’année. J’ai fait es études de théologie à Toulouse et surtout à Fribourg. Depuis
le début, j’enseigne la théologie fondamentale et la christologie. Je me suis longtemps consacré à l’apostolat auprès des jeunes, une
dizaine d’années en aumônerie de lycée et dans l’accompagnement d’étudiants, sans oublier le scoutisme. Je suis aussi président du
Collège Universitaire Saint Dominique qui dispense des cours donnés en commun avec des frères dominicains et des enseignants laïcs. Quand j’ai été élu, j’étais dans un deuxième mandat de prieur de Bordeaux.

Provincial, cela entraîne de grands changements ?

G.N. : Je n’en suis qu’à quelques semaines d’expérience… Mais déjà, je remarque deux choses : il faut désormais vivre au rythme
de toute la province, celui des couvents, avec leurs joies et leurs difficultés ; celui des frères en formation, postulants, novices, frères
étudiants. La seconde chose est une certaine solidarité entre provinciaux, d’abord celui e la province de France, et aussi avec la curie généralice, qui sont de précieux soutiens our un « provincial novice ». Les sœurs et toute la famille dominicaine ont aussi largement exprimé cette solidarité.

Votre mission a commencé par le chapitre célébré à Bordeaux, quelles en sont les lignes de force ?

G.N. : Dans un climat profondément fraternel, très vite s’est dégagée une ligne principale : la vie apostolique, selon notre tradition dominicaine. A partir de la réalité des couvents, la prière, la fraternité, l’étude, il s’agit de déployer la mission prophétique de l’Ordre dans
toutes ses dimensions. Trois dimensions ont surtout fait l’objet de nos débats : l’apostolat,comme renouvèlements du souffle apostolique de la province ; l’étude, comme revalorisation de notre travail et de nos institutions intellectuelles ; la mission plus lointaine, comme l’important projet de fondation d’un couvent en Haïti. La célébration du VIII centenaire de notre Ordre sera une référence majeure pour ces trois points.

Qu’est-ce qui vous apparaît le plus important dans votre mission de provincial ?

G.N. : D’abord, mettre en œuvre les décisions du chapitre. Celui-ci est le fruit d’un travail commun de frères, qui ont imploré l’Esprit Saint et l’intercession de saint Dominique. Il faut le recevoir comme un moment de grâce et un véritable carnet de route. Ensuite, redécouvrir la province avec un regard nouveau, en faisant de mon mieux pour être attentif à chaque frère, tout en m’ouvrant à la réalité de l’Ordre entier. Enfin – mais ce n’est pas le moindre – favoriser au maximum les vocations dominicaines. Des missions passionnantes attendent d’être remplies par davantage de frères, avec
le soutien de tous.

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