Provincial

Ce qu’on appelle le mi-provincialat est un conseil de province élargi qui doit se tenir à la moitié du mandat du provincial. Nos constitutions le désignent ainsi : « Au premier conseil de province qui se tiendra deux ans accomplis après la confirmation du prieur provincial ce dernier est tenu de convoquer, outre les membres du conseil, les prieurs régionaux, les vicaires provinciaux et les prieurs conventuels» (LCO 375, I). La tâche de ce conseil est ainsi définie : « A ce conseil seront traitées toutes les affaires jugées utiles au bien de la province et tout d’abord sera examinée la mise en pratique des ordinations et des exhortations du dernier chapitre provincial et du dernier chapitre général » (LC0, 375, II). Après Noël, le mi-provincialat se tiendra à Marseille du 27 au 29 décembre 2012 (celui de la province de France aura lieu à la fin de l’année scolaire). Depuis le mois de septembre, le conseil provincial, en lien avec les prieurs, a travaillé à l’établissement de l’ordre du jour de ce mi-provincialat. Divers rapports ont été demandés. On aboutit à une multitude de sujets qui tiennent compte d’abord des Actes du chapitre provincial de Montpellier (2012), en regardant ce qui a été accompli et ce qui reste à faire. L’ordre du jour doit aussi tenir compte de moments importants comme le dernier chapitre général et la visite canonique du Maître de l’Ordre.

Plusieurs sujets seront particulièrement importants. On peut citer : le projet de la communauté de La Réunion, peut-être un nouveau lieu et un renforcement des effectifs ; une étape importante pour les frères en Haïti, spécialement en ce qui concerne le discernement des vocations. Suite à la belle rencontre au Pérou, nous aurons aussi une réflexion sur la vocation des frères coopérateurs. On devra aussi prendre une décision sur une fondation dans le Sud-Ouest. Plusieurs points concerneront la formation des jeunes frères (sous- maîtres ; le lectorat ; etc.) et l’approbation d’un texte sur la chasteté destiné à tous les frères.

Le mi-provincialat est aussi un temps favorable pour ressaisir la situation de chaque communauté et approfondir les besoins, spécialement en assignations. La récente réunion des prieurs a permis de préparer ce sujet.

A l’issue du mi-provincialat, une information sera envoyée à tous les frères.

C’est donc un moment important pour la vie de nos communautés et en vue d’une prédication toujours plus féconde. Merci de porter dans la prière cette rencontre qui devrait aussi profiter de la grâce de Noël.

Tous les mois de septembre, c'est la même chose : on recommence ! En fait, rien ne s'est arrêté mais on vit l'été autrement.
Maintenant, la vie plus régulière et les activités reprennent.
Il y faut tout l'élan que donne  Dieu, car c'est un expert en commencement : « au commencement, Dieu crée »; « au commencement le Verbe près de Dieu ». Voilà bien l'oeuvre dominicaine: un verbe créatif et sauveur pour rapprocher de Dieu. Et donc aussi le commencement de ce Verbe fait chair. Cette fois, Dieu recommence avec l'homme.

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On en parle beaucoup. La « nouvelle évangélisation » devient un leit-motiv. L'Eglise y réfléchit depuis plusieurs années et lance de nombreuses initiatives. L'Ordre cite l'expression dans ses textes. Les provinciaux européens, réunis à Lisbonne en avril, en ont fait leur thème de discussion (nouvelle évangélisation et post-modernité). Le Maître de l'Ordre y a donné une conférence. Notre frère Thierry-Dominique Humbrecht publie un ouvrage très réfléchi, depuis plusieurs années, sorte de vademecum de l'évangélisateur en situation moderne et postmoderne : pour en finir avec le « silence des agneaux », dit-il au tout début de son livre. Bref, comme l'exprimait déjà Jean-Paul II, dans la vigne du Seigneur, personne ne doit rester sans rien faire.

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Joie : Notre province a eu la grâce de la visite canonique du Maître de l’Ordre. Tout s’est passé dans un esprit profondément fraternel. La première expérience est celle de l’écoute. Le Frère Bruno a écouté longuement les communautés, les frères, les prieures moniales, divers membres de la famille dominicaine. La seconde expérience est encore une écoute : celle des paroles du Maître de l’Ordre pour aider la province dans sa vocation dominicaine. La mise en œuvre de ces paroles sera une grande grâce pour toute la famille dominicaine.

Tristesse : sur le territoire de notre province, un terrible drame meurtrier a éprouvé presque le monde entier : assassinats prémédités ; enfants sacrifiés ; soldats abattus. Les trois principales religions de France sont impliquées à travers les victimes. Chrétiens, Juifs, Musulmans ont à se soutenir dans une telle épreuve. A nous de redire notre amitié ; à nous d’exclure tout germe de violence dans nos paroles ; à nous d’éviter les ironies blessantes.

Mgr Robert Le Gall, lors de la messe de la paix en la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, le jeudi 29 mars 2012, citait Madame Eva Sandler, l’épouse du rabbin Jonathan et la maman de Arieh et de Gavriel :

« Je ne sais pas comment moi et les parents et la sœur de mon mari trouverons la consolation et la force de continuer, mais je sais que les voies de Dieu sont bonnes et qu’il nous montrera le chemin et nous donnera la force d’avancer. Je sais que leurs saintes âmes resteront avec nous pour toujours et je sais que très bientôt le temps viendra où nous serons de nouveau réunis avec la venue du Mashi’ah. Je crois de tout mon cœur en les mots du verset : L’Éternel a donné, et l’Éternel a repris ; que le nom de l’Éternel soit béni ! (Job). Je remercie le Tout-Puissant pour m’avoir donné le privilège, aussi bref qu’il fut, d’élever mes enfants avec mon mari. Maintenant le Tout-Puissant a voulu les reprendre près de lui. S’il vous plaît, ajoutez de la lumière au monde en allumant les bougies du Chabbat, pour ajouter de la sainteté au monde. »

Joie : quand même, en ce temps pascal où le Christ Verbe fait luire sa lumière dans les ténèbres, toujours et encore, même là où les ténèbres ne l’ont pas saisie.

fr. Gilbert Narcisse, OP

Prieur provincial

La tradition populaire aime célébrer la pauvreté sensible de Noël. C’est la crèche, les bergers, les animaux et, avant tout, Jésus enfant, avec Marie et Joseph. Touchant tableau d’une pauvreté surtout sociale : pas de place pour eux. Le regard de foi ne dément pas cette première impression mais il l’approfondit : la première pauvreté est celle du Verbe qui « ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ».


Pauvreté donc. Pauvreté théologale et pauvreté sociale. L’histoire du monde et de l’Eglise a, hélas, brouillé ce lien. C’est grave car la pauvreté sociale, un peu comme la violence de la Croix, est souvent ce choc concret qui découvre l’humanité et ses misères.
Passer Noël en Haïti, c’est avoir la grâce de revivre un peu mieux ce passage.

La pauvreté n’y est pas une impression seulement sensible, elle imprègne le cœur (comme on imprime un livre ou comme on ne l’imprime pas, dit saint Thomas, pour expliquer que Jésus n’a rien écrit afin que l’Esprit imprègne d’abord les cœurs). En Haïti, le passage de la pauvreté sociale à la pauvreté théologale, à tout moment dans les deux sens, rend Noël inoubliable.


Chez nous, comment ne pas laisser le Diable, à la fois promoteur de l’injustice sociale et théologale, spécialiste en division, séparer les deux pauvretés ? L’une devient si militante, idéologique, partielle ; l’autre si « spirituelle », « analogique », partielle aussi. Ce maquillage trouble, et l’une et l’autre pauvreté se regardent dans l’indifférence.


Le Christ aurait pu nous sauver sans la Croix, dit saint Thomas, par hypothèse. Mais il fallait le choc de l’incarnation et de la Croix pour éveiller les cœurs. Il faut aussi le choc de la pauvreté. Une pauvreté réelle, aussi réelle qu’une présence eucharistique, aussi réelle que l’expérience « physique » d’une misère de ce monde.

fr. Gilbert Narcisse, OP
Prieur provincial

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