Vie des frères
L’édifice dominicain est à l’image de son esprit : chaque frère est indispensable aux autres. Il a sa place, son rôle, son mot à dire. Il doit donner sa voix en de multiples occasions, et l’ensemble ne saurait s’en passer. Chacun est d’une certaine manière irremplaçable, puisque aucun n’est fait pour survivre seul. S’il y avait trop d’absents, ou un refus de participer, l’édifice ne tiendrait pas. La responsabilité de chacun est sollicitée. Elle est impérative. Une sanction est même prévue pour celui qui négligerait de participer à une élection, tant cela paraît inconcevable. Et la sanction est caractéristique : il perdrait sa voix pour l’élection suivante !

Le rôle du prieur d’une communauté dominicaine n’a rien à voir avec l’autorité d’un abbé. On ne manque pas de le lui rappeler à l’occasion. Et ce faisant, un risque d’oublier qu’il assume cette charge non par bonheur mais par devoir. Il n’est en rien un supérieur, au sens où on peut l’entendre dans la Compagnie de Jésus, car il n’a pas ce rôle à jouer. Son rôle est spécifique : il doit veiller à ce que soient appliquées les décisions prises en chapitre. « Ce qui doit être vécu par tous, doit être décidé par tous »
Chapitre II : La sainte liturgie et la prière