Aider le Couvent des frères dominicains en Haïti

Fête de saint Martin de Porrès o.p.

Chers amis de la mission dominicaine en Haïti,
Le chapitre général, qui a eu lieu au mois de septembre dernier à Rome, a élu maître de l’Ordre des prêcheurs le frère Bruno Cadoré, prieur provincial, qui avait fait sa coopération comme médecin en Haïti au début des années 80.
Le chapitre général a aussi exprimé son soutien à notre mission en Haïti : « Nous demandons au maître de l’Ordre de promouvoir la mission en Haïti. Nous demandons aux provinces de Toulouse et de Colombie de mettre en place une collaboration permettant d’envoyer des frères dans le vicariat d’Haïti. » (n° 155) ; « Nous demandons au prieur provincial de la province de Toulouse de développer pleinement la vie dominicaine en Haïti en intensifiant la participation des frères haïtiens dans la vie du vicariat et par la collaboration d’autres provinces et vicariats comme celui de la Colombie et de la République démocratique du Congo. Nous demandons aussi au prieur provincial de renforcer la collaboration avec les vicariats de la République dominicaine et de Cuba. » (n° 223)

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Chers amis de l’amitié dominicaine, j’écris ce témoignage depuis la capitale (des tentes) qu’est Port au Prince. Tout d’abord, je tiens à remercier tous nos amis français qui nous ont aidés d’une façon ou d’une autre. Saint Paul nous dit : « La foi sans les œuvres est une foi morte. » Mais vous, à travers vos prières et vos dons vous avez pu manifester votre générosité et votre foi, envers nous le peuple haïtien. Nous en sommes reconnaissants !

1) Voilà maintenant près de 10 mois que le terrible séisme a eu lieu, quelle est la situation actuelle en Haïti? (moral des Haïtiens, politique, reconstruction...)   Est-ce que les frères ont été touchés?

Où sommes-nous après 10 mois du terrible séisme du 12 janvier ? A une telle question, nous avons du mal à donner une réponse satisfaisante. La raison est simple c’est que la population est toujours sous des tentes. De plus, nous sommes dans la saison pluvieuse. La population ne sait quoi faire. Elle ne sait non plus à qui s’adresser, afin de se faire entendre. Car les autorités sont dépassées par les évènements. Devant une telle situation le moral des haïtiens n’est pas vraiment au rendez-vous. La situation est cruciale pour le peuple. Mais les gens ne baissent pas les bras. Cela saute aux yeux, lorsque nous voyons les marchands ambulants sur tous les trottoirs de la capitale pour chercher la vie là où elle est. Il faut bien que le cri de la population soit entendu par quelqu’un ? Il y a quelques années de cela, le président qui est actuellement au pouvoir disait au peuple haïtien : « Naje pou w soti. » ce qui voudrait dire : « Sauve qui peut ! » Hélas, depuis le 12 janvier, c’est la même réalité. Chaque haïtien par ses propres moyens cherche son pain quotidien.
Le peuple haïtien, en dépit de tout ne baisse jamais les bras devant les difficultés. Le séisme du 12 janvier  nous montre sans ambages sa détermination. Malgré son courage, il n’arrive pas s’en sortir.

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Port-au-Prince, le 4 avril 2010 Pâques

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Qui aurait imaginé à Port-au-Prince l’an dernier une fête de Pâques 2010 sous le signe des décombres ? Entourés de ruines, les Haïtiens chrétiens célèbrent la Passion et la Résurrection du Seigneur Jésus.
Presque 300 000 personnes sont mortes ou portées disparues depuis le 12 janvier, tandis que 600 000 habitants ont quitté la capitale pour d’autres provinces où leurs familles ont du mal à les nourrir. Le problème urgent de nourriture et de médicaments s’est ainsi étendu à tout le pays.
Les répliques sismiques –plus de soixante-quinze en moins de trois mois- ont diminué en fréquence et en force. La peur demeure cependant dans les corps à la mémoire vive. La moindre vibration rappelle les cruels tremblements du séisme qui en trente secondes plongèrent la cité dans la désolation, les cris et  les larmes. D’ailleurs, le calcul des probabilités des scientifiques fait craindre le pire et pendant des années1.

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L’élan de solidarité qui a accompagné les souffrances du peuple haïtien après le 12 janvier 2010 peut être lu comme « un signe des temps ». Des trésors de générosité se trouvent cachés dans le cœur de millions de personnes, parfois stagnants, en attendant l’événement qui les fera venir à la lumière. L’Esprit Saint agit en chaque homme de manière mystérieuse. Les fruits de cette présence divine se manifestent notamment dans les situations limites d’épreuve et de mort.
Dans le cas d’Haïti, il importe de ne pas rester à un simple geste d’émotion et d’entraide. La reconstruction d’Haïti prendra des années. Il faudra durer. « La patience obtient tout », disait sainte Thérèse d’Avila.

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Un mois après le séisme qui  a dévasté la république d’Haïti, il est important de regarder comment se présente la réalité. Comment les gens arrivent-ils à  faire face à cette nouvelle situation qui reste encore très dure ? Qu’est ce qui a changé concrètement dans la vie des survivants ? Faut-il sombrer dans le désespoir?

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